On ne va pas se mentir, un classement de langages informatiques, ça ne fait pas rêver grand monde côté marketing. Et pourtant. Ce que les développeurs choisissent aujourd’hui, ce sont les outils qui feront tourner vos plateformes pub, vos CRM et vos stacks data demain. Alors quand un langage comme Rust débarque dans le top 10 de l’index TIOBE, ça vaut le coup de s’y arrêter deux minutes.
Rust, la nouvelle star discrète
Après un meilleur classement historique en juin, Rust confirme et grimpe encore. Résultat : il entre pour la première fois dans le top 10 de TIOBE, l’un des baromètres les plus suivis du secteur. Pour un langage longtemps réservé aux puristes, c’est une consécration.
Pourquoi cet engouement ? Rust a une réputation solide sur deux points qui comptent énormément aujourd’hui : la sécurité de la mémoire et la performance. En clair, il permet d’écrire du code rapide sans les failles classiques qui plombent d’autres langages plus anciens. De grands acteurs de la tech l’ont adopté pour des projets critiques, et cet effet d’entraînement se ressent dans les classements.
Comment fonctionne l’index TIOBE (et ses limites)
Petit rappel utile : l’index TIOBE ne mesure pas quel langage est “le meilleur”, ni même quel est le plus utilisé en production. Il évalue la popularité en se basant sur le volume de recherches, la présence dans les moteurs et l’activité autour de chaque langage. C’est un indicateur de tendance, pas une vérité gravée dans le marbre.
Ça reste néanmoins un thermomètre pratique. Quand un langage monte de façon régulière sur plusieurs mois, ce n’est jamais un hasard. Ça traduit un intérêt réel de la communauté, des formations qui se multiplient, des offres d’emploi qui apparaissent. Bref, un mouvement de fond.
Le reste du classement : les valeurs sûres tiennent bon
Faut pas s’emballer non plus. Si Rust fait l’actu du mois, les mastodontes historiques n’ont pas bougé de leur piédestal. Python continue de dominer, porté notamment par la vague de l’intelligence artificielle et de la data science. C’est devenu le langage par défaut de tout ce qui touche au machine learning, et donc à une bonne partie des outils marketing modernes.
Derrière, on retrouve les incontournables : C, C++, Java, C#. Des langages parfois anciens mais indéboulonnables, parce qu’ils font tourner des systèmes entiers depuis des décennies. Et puis il y a JavaScript, moteur du web, sans qui aucun site interactif ne fonctionnerait. Ces langages-là ne disparaîtront pas de sitôt.
Ce qui change, c’est la dynamique. Python et sa domination liée à l’IA d’un côté, Rust et sa montée liée à la performance et la sécurité de l’autre. Deux tendances qui racontent bien où va l’industrie tech en 2026.
Pourquoi un marketeur devrait s’y intéresser
Là, vous vous dites peut-être : “OK, mais moi je fais du marketing, pas du code.” Juste. Sauf que le marketing digital repose de plus en plus sur des infrastructures techniques lourdes. Vos DSP, vos plateformes de retail media, vos outils d’automatisation, vos dashboards data : tout ça tourne grâce à du code écrit dans ces langages.
Un langage plus performant et plus sûr, c’est concrètement des plateformes qui plantent moins, qui traitent la donnée plus vite, et qui résistent mieux aux failles de sécurité. Quand on brasse des volumes massifs de données first-party ou qu’on gère des campagnes programmatiques en temps réel, ce genre de détail fait toute la différence entre une stack qui tient la charge et une qui s’écroule au pic de trafic.
Et puis il y a la dimension IA. Python règne parce que l’intelligence artificielle est partout, y compris dans nos métiers. Personnalisation, prédiction du churn, génération de contenu, ciblage : ces cas d’usage marketing s’appuient directement sur l’écosystème Python. Comprendre que ce langage domine, c’est comprendre pourquoi l’IA s’est infiltrée aussi vite dans nos outils du quotidien.
La perspective pour les pros du marketing en France
En France, la tension sur les profils techniques reste forte. Les entreprises qui construisent des produits data et martech se battent pour recruter, et les compétences autour de Python ou Rust deviennent des critères de plus en plus recherchés. Pour un directeur marketing, ça a une implication concrète : les délais de développement de vos outils internes dépendent en partie de la disponibilité de ces talents.
Le conseil, sans devenir développeur pour autant : gardez un œil sur ces tendances quand vous choisissez vos partenaires technos ou vos prestataires. Une plateforme construite sur des fondations modernes et bien maintenues, c’est un investissement plus durable. À l’inverse, une solution reposant sur des technos vieillissantes peut vite devenir un boulet.
Rust dans le top 10, ce n’est pas juste une anecdote de geek. C’est le signe que l’industrie tech privilégie désormais la robustesse et la performance, deux qualités dont vos outils marketing bénéficieront directement. Et ça, ça mérite qu’on s’y attarde un instant.
